LES ETATS-UNIS ET LA FRANCE CONTRE L’INSERTION DES EX SELEKA DANS LES FACA

ex seleka

La troisième réunion du Groupe de Contact International sur la RCA a permis de connaitre la position des Etats Unis et de la France sur l’insertion des ex combattants de la Séléka dans les FACA. Ces deux super puissances n’ont pas mâché les mots lors de ces assises et ont montré leur opposition par rapport à l’incorporation de ces ex rebelles dans l’armée nation.

L’insertion des ex Séléka dans les FACA continue de diviser. Lors de la troisième réunion du groupe international de contact sur la RCA, la France et les Etats Unis ont dit niet à ce plan. La France a exigé l’arrêt de l’intégration des anciens rebelles de la Séléka dans l’armée. Plus catégoriques, les Etats Unis ont exigé non seulement l’arrêt mais le retrait de tous les ex combattants qui sont déjà incorporés dans les forces de l’ordre.
Pour l’ambassadeur de France en République Centrafricaine Serge Mucetti « il est urgent que l’intégration des ex combattants de la Séléka soit suspendue, il en va de l’intérêt de la République Centrafricaine. Nous savons que tous ne sont pas des Centrafricains en plus, beaucoup ont du sang sur les mains. Dans ces conditions, les autorités doivent arrêter avant que cela ne soit trop tard ».

Le conseiller spécial des Etats Unis pour le Centrafrique David Brown a été plus radical sur cette question. Pour ce diplomate, il ne faut pas seulement arrêter le processus mais retirer les ex combattants déjà incorporés dans les forces de l’ordre. David Brown considère cette intégration comme un danger « l’intégration de ces anciens rebelles peut engendrer de nombreux problèmes ». Ce dernier a pointé du doigt le déséquilibre que cela pourrait créer au sein de l’armée « 3500 ex Séléka sont intégrés dans les FACA et 1500 dans la gendarmerie. Or, nous savons qu’il y a environs 3800 éléments des forces de l’ordre, avec cette intégration nous allons droit vers le déséquilibre ethnique avec toutes les conséquences que cela peut comporter. Nous savons que depuis l’indépendance l’armée de ce pays est utilisée par des dictateurs pour protéger leur régime alors il faut éviter cela ». Le conseiller spécial a aussi dénoncé l’analphabétisme qui caractérise les rangs de la Séléka « ce qui nous parvient à ce sujet indique que les 90% de ces anciens combattants sont des analphabètes alors leur intégration signifie que nous aurons une armée analphabète d’ici demain ce qui est dramatique pour la RCA ». En plus, il a noté l’incapacité financière du gouvernement à faire face à cette intégration « je dois vous dire que tous les partenaires ne peuvent pas accepter un tel plan et de surcroit le financer. D’ailleurs tous les partenaires ont été choqués par ce plan » a-t-il relevé.

La position de la France et des Etats Unis met le président de la transition dos au mur. Pour mémoire, Michel Djotodia s’était déjà publiquement opposé à la mise à l’écart des ex combattants. Ce dernier avait promis à ceux qui l’ont porté au pouvoir de les intégrer dans l’armée. Il faut dire que cette incorporation ne concerne pas seulement les 5000 hommes avec qui Djotodia a lancé la lutte armée. « Au départ, nous n’étions que 5000 mais arrivés à Bangui nous nous sommes retrouvés avec plus de 20000 hommes. On ne peut pas les renvoyer, ce sont des Centrafricains qui veulent intégrer l’armée donc on va les prendre » avait promis Michel Djotodia. C’est ainsi qu’aujourd’hui dans les camps militaires, ces candidats sont « casiés » en attente de leur formation. Beaucoup ont même été envoyés dans les provinces pour la formation militaire qui ne vient toujours pas. Aujourd’hui les deux super puissances Etats Unis et la France disent NON à Djotodia sur cette question. Ce qui met le président de la transition dans un dilemme total.

Selon certaines indiscrétions, il y a eu des altercations sérieuses entre le ministre conseiller à la présidence Jean Jacques Démafouth et un représentant des pays de l’Europe. Mais nos sources ont indiqué que face aux exigences de la communauté internationale, les autorités centrafricaines ont décidé d’étudier la question de manière consensuelle. Toutefois, le comité de suivi a été mandaté de suivre cette question afin qu’une solution soit trouvée dans un bref délai.
La communauté internationale voudrait que les ex combattants soient prise en compte dans le processus DDR et non dans l’armée.

Sylvestre Sokambi 

Vous pouvez laisser une réponse, ou un rétrolien depuis votre propre site.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour déposer un commentaire.

Ce site est réaliser sous WordPress par JAEL