DECOR DE LA RCA : BEVUE DE LA MINUSCA A BANGASSOU, LE MPC A ENVAHI LA VILLE DE NGAOUNDAI, TENSION ENTRE SELEKA ET ANTI-BALAKA A KAGA-BANDORO, 03 FEMMES TUEES A MOBAYE PAR L’UPC

Le regain de violence ne faiblit pas en RCA. Chaque jour qui passe, amène son lot de malheurs. Les hommes, les femmes, les enfants sont tués comme des bœufs à l’abattoir. Les maisons d’habitation, les édifices publics, les locaux des ONG tant nationales qu’internationales sont incendiés, saccagés, détruits, vandalisés par les hommes en armes, sans aucune forme de procès. Nos compatriotes dans l’arrière-pays sont réduits au silence et ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Ils errent d’un lieu à un autre comme des animaux pour se mettre à l’abri du danger, de la foudre des rebelles qui n’ont de pitié pour personne. Les Casques Bleus de la Minusca de leur côté, commettent aussi des bévues dans l’exercice de leur mandat.

Le jeudi dernier à Bangassou, un jeune homme confondu aux éléments d’autodéfense de cette localité, a été abattu par le contingent bangladeshi de la Minusca, dit force spéciale. Les deux (2) autres ont été faits prisonniers. D’après des sources locales, ces jeunes hommes appartiennent à une même famille et ne sont ni près ni loin impliqués dans les Autodéfenses. Les deux arrêtés par la Minusca sont-ils déjà libérés ? Aucune information n’a filtré à ce sujet. Une importante mission de médiation, conduite par la ministre des Affaires Sociales séjourne actuellement à Bangassou dans le but de décrisper la tension qui y prévaut. Parviendra-t-elle ? Nous l’espérons. Et la Minusca de Parfait Onanga-Anyanga doit désormais éviter des bévues pour ne pas accentuer la crise et que la région ne sombre pas dans une autre crise. Nous savons pertinemment que la situation sécuritaire à Bangassou n’est pas aux beaux fixes selon les informations qui nous parviennent. Et la Minusca a l’obligation de mener sa mission avec prudence pour ne pas susciter d’autres tensions encore persistantes. Elle doit faire preuve de bonne diligence. Arrêter des individus qui ne font pas partie d’un groupe rebelle ou qui ne sont pas impliqués dans les tueries des Casques Bleus de la Minusca, c’est jeter de l’huile sur le feu.

Au même moment, pendant que les yeux sont tournés vers Bangassou, les hommes du MPC de Mahamat Alkhatim sont entrés en action. Ils ont envahi la ville de Ngaoundaï. D’après le député de la circonscription de Ngaoundaï, plus d’une dizaine de personnes ont été froidement abattues par ces hommes en armes qui ont pris position dans la ville. Des maisons seraient certainement parties en fumée, puisque c’est leur mode opératoire. Certains habitants ont trouvé refuge dans la brousse, d’autres seraient passés de l’autre frontière. Leurs conditions de vie se détériorent de jour en jour. A en croire un soi-disant général du MPC, il a affirmé qu’il se trouve présentement dans la localité pour le vivre ensemble, la réconciliation, la cohésion sociale. Quand les groupes armés envahissent une ville et tuent des innocents, est-ce le vivre ensemble, la réconciliation, la cohésion sociale ? Vraiment, ceux qui détiennent des armes par devers eux, se moquent éperdument de leurs compatriotes. La réconciliation se fait-elle au bout des canons ? Avec les hommes du MPC, c’est la bonne voie. Quel genre de rebelles avons-nous en Centrafrique ? Ne sont-ils pas des extraterrestres ? Il ne fait aucun doute.

Aujourd’hui à Kaga-Bandoro, la tension est électrique entre les hommes du MPC et les Anti-Balaka. En toile de fond, l’arrestation d’un élément Anti-Balaka par les combattants Séléka. Il a été finalement libéré mais sa moto est toujours confisquée. Les Anti-Balaka veulent pour le moment que la moto soit restituée au propriétaire. Mais un mystère y plane. Il convient de souligner que c’est grâce à la médiation menée par les Casques Bleus déployés dans cette région que cet homme a pu être libéré par ces ravisseurs. Qu’est-ce qui était à l’origine de ce kidnapping ? Pourquoi la moto n’est pas encore remise au propriétaire ? Difficile de le savoir. Et la tension entre ces deux (2) groupes rivaux ne faiblit pas. Pris de peur, certains habitants se sont réfugiés dans la brousse au cas où des affrontements surviendraient.

A Mobaye, précisément au village Gboronga, situé sur le bord du fleuve Oubangui, en aval de cette ville, trois (3) femmes ont été froidement tuées par les hommes de l’UPC de Ali daras, ce matin du lundi 07 juillet 2017. D’après des sources concordantes jointes au téléphone, ces femmes auraient refusé d’embarquer les combattants de l’UPC dans leur pirogue pour les déposer au Congo-Démocratique, de l’autre côté de la rive. Furieux, ils ont fait usage de leurs armes. Du coup, la panique s’est installée au sein de la population. Selon d’autres sources, ces combattants de l’UPC seraient en mauvaise posture à Mobaye et ont décidé de traverser le fleuve Oubangui pour se mettre à l’abri du danger qui les guette. Car, vous êtes sans ignorer que des jeunes se sont constitués en autodéfenses et tiennent coûte que coûte barrer la route à ces seigneurs de guerre qui écument à petit feu la population de la Basse-Kotto. Nous avons demandé à maintes reprises aux autorités du pays et aux responsables de la Minusca de tout faire pour résoudre pacifiquement le tsunami qui est en éruption dans cette préfecture. Force est malheureusement de constater que nous avons prêché dans le désert du Sahara. A l’allure où vont les choses, la ville de Mobaye en particulier, et la préfecture de la Basse-Kotto en général risqueraient fort de sombrer dans un chaos indescriptible.

La situation sécuritaire qui prévaut actuellement dans une bonne partie du territoire national doit interpeller la conscience de tout un chacun de nous. Il faut doter les FACA le plus rapidement possible pour pallier au manquement des Casques Bleus de la Minusca. Tueries par-ci, tensions pouvant occasionner des affrontements très meurtriers par-là, le décor du pays de feu Barthelemy Boganda, paix à son âme, est apocalyptique. D’où nécessité d’agir vite pour sauver des vies humaines en danger.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA Sources Centrafrique Matin

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