NON REARMEMENT DES FACA, UN DANGER PERMANENT POUR LA SECURITE DU PAYS ET DE SON PEUPLE

IMG_0074

 Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont et demeurent non opérationnelles depuis le 24 mars 2013, après la prise du pouvoir par la coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko, à ce jour. Les éléments des FACA, c’est-à-dire les militaires centrafricains sont présents. Force est malheureusement de constater que l’armée nationale n’existe que de nom. Depuis 2014 à nos jours, les formations des FACA se succèdent de jour en jour. La réhabilitation des infrastructures militaires s’enchaîne. Mais les militaires centrafricains sont toujours restés sur le banc de touche. La présence de quelques-uns est visible dans les cabinets des ministres, devant certaines administrations, sur les barrières à la sortie Nord et Sud de Bangui et dans les camps militaires à Bangui et à Bossangoa. Sur le terrain, ils sont quasi-inexistants. On les voit souvent déambule dans les rues et au Centre ville de Bangui. Une poignée de militaires garde seulement les résidences de hautes personnalités du pays. L’opérationnalisation effective des FACA, pourtant contenue dans les recommandations fortes du Forum National de Bangui du 04 au 11 mai 2015 est devenue un serpent de mer difficile à avaler par les autorités en charge de la défense nationale. Le Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT 3) qui est formé et entraîné par la Mission européenne de Training (EUTM), tarde à être opérationnel et redéployé à l’intérieur du pays. Et pourtant, le patron de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga avait clairement signifié que rien n’empêche aujourd’hui le gouvernement de réarmer ces soldats formés. Malheureusement, les jours passent et se ressemblent en RCA. Qu’est-ce qui constitue l’obstacle au réarmement de ces soldats ? N’y a-t-il pas une volonté politique ou des moyens financiers conséquents pour acquérir des armes et munitions afin de doter les FACA ? Autant de questions qui dépassent l’entendement humain et nécessitent des réponses claires et précises de la part de la haute hiérarchie militaire. Face à cette lenteur, nous pouvons affirmer sans nous tromper que le non réarmement des FACA constitue un danger pour le pays de feu président fondateur, Barthélemy Boganda et de son peuple. Observez seulement ce qui se passe aux environs immédiat de Bangui et dans les villes de l’arrièrepays. Les groupes armés non conventionnels, en l’absence des FACA sur le terrain, occupent rationnellement les préfectures les unes après les autres. L’espace politique des autorités issues des élections couplées de 2015-2016 se réduit considérablement. Toutes les zones diamantifères et aurifères du pays sont occupées et exploitées frauduleusement par les rebelles. Les frontières poreuses aidant, les mercenaires soudanais, tchadiens, nigériens, camerounais font des incursions intempestives en RCA. D’autres se sont installés solidement sur le territoire et écument le peuple centrafricain à petit feu. Ils dictent leur loi à qui veut les entendre. Ceux qui n’obéissent pas à leurs ordres ou font la tête sont systématiquement mitraillés, leurs maisons incendiées.  Faute d’une protection effective par les Casques Bleus de la Minusca, les populations civiles sont obligées de se terrer dans la brousse ou de se réfugier dans les pays limitrophes de la RCA. Leurs conditions humanitaires se détériorent considérablement. Ils manquent de tout : nourriture, soins, habillement, et nous en passons. Cette situation sécuritaire catastrophique est intervenue et se dégrade davantage à cause du non réarmement des FACA. Et cela constitue un danger imminent pour le pays et son peuple. Les rebelles ayant acquis une supériorité militaire peuvent envisager d’autres choses. Et les conséquences seront catastrophiques pour le devenir du pays.

Le général sortant de l’EUTM, le Belge Herman Ruys avait signifié, « un militaire non armé est un risque… ». C’est une réalité. Le militaire ayant attendu en vain d’être réarmé par son Etat peut opter pour quelque chose. Soit il acquiert illégalement une arme et se lance dans les braquages et les vols à main armée. Soit il intègre la rébellion pour mettre en pratique ce qu’il a appris lors de sa formation et son entraînement. Former quelqu’un et le laisser à son triste sort, surtout un militaire, c’est très dangereux.  C’est pourquoi nous exhortons les autorités en charge de la sécurité et de la défense à tout mettre en œuvre pour réarmer au fur et à mesure les militaires déjà formés et entraînés par l’EUTM, conformément aux vœux des Centrafricains émis lors du Forum National de Bangui. Croiser les bras et rester sans rien faire, c’est sacrifier le pays et son peuple sur l’autel des criminels, des malfrats, des bandits de grand chemin, des va-t-en guerre. Il faut absolument réarmer les FACA et les redéployer à l’intérieur du pays. Le fait que presque 80 % du territoire national soient occupés par les groupes armés et que les FACA ne sont pas encore opérationnelles, le pays  Une attention particulière doit être mise sur le réarmement des FACA et leur redéploiement à l’intérieur du pays pour préserver la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA   Sources: Centrafrique Matin

Vous pouvez laisser une réponse, ou un rétrolien depuis votre propre site.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour déposer un commentaire.

Ce site est réaliser sous WordPress par JAEL