LA PAIX PEUT REVENIR EN RCA QUE SI LES EX-COMBATTANTS CENTRAFRICAINS SE DESOLIDARISENT DES MERCENAIRES ETRANGERS : CAS DU KM5

Bangui observe aujourd’hui un calme précaire grâce aux efforts déployés par les autorités du pays, la communauté internationale, les ONG humanitaires internationales, les organisations de la société civile, voire les différentes communautés (musulmane et chrétienne), fortement impliquées dans la recherche de la paix, de la sécurité, du vivre ensemble, de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale. Malgré les actes de banditisme (braquage à main armée, assassinat, viol…), enregistrés dans certains arrondissements, la population Banguissoise, notamment celle du 3éme arrondissement, vaque librement à ses occupations quotidiennes. Le km5,considéré comme le « couloir de la mort » a retrouvé aujourd’hui la stabilité grâce à la détermination de certains centrafricains dudit secteur qui se sont constitués en groupe « d’auto défense » pour mettre hors d’état de nuire les criminels, drogueurs, violeurs, égorgeurs, destructeurs qui empestaient l’espace vital des centrafricains. On retrouve aujourd’hui l’ambiance dans le 3éme arrondissement. Chrétiens et musulmans se côtoient, mangent et boivent ensemble. La libre circulation n’est pas une fiction comme l’on pensait. Les musulmans se déplacent vers le marché combattant, le centre ville etc. et vaquent en toute quiétude à leurs activités. Il en est de même des chrétiens qui ont repris leurs activités commerciales au marché du km5. C’est un acte hautement patriotique que la population Banguissoise a posé pour enterrer définitivement la hache de la guerre et de la division.  Désormais à Bangui, les Centrafricains n’aspirent qu’à la paix et rien que la paix pour le développement de leur pays. Malheureusement, c’est le contraire que nous vivons en ce moment à l’intérieur du pays. Douze (12) des seize (16) préfectures du pays restent sous le contrôle des groupes armés qui tuent, pillent, violent, massacrent, incendient des maisons avec des occupants à l’intérieur. L’être humain, pourtant « sacré » est devenu un bœuf qu’on peut égorger à tout moment. Chaque jour qui passe apporte son lot de malheur. Des milliers de personnes sont contraintes de quitter leur territoire pour se réfugier dans d’autres pays, en menant une vie déplorable. D’autres se sont entassées sur les sites des déplacés comme de sardines dans une boîte de conserve et ne broient que du noir. Mais cela n’a fait ni chaud ni froid aux groupes armés. Malgré les multiples négociations entamées par les autorités du pays et la communauté internationale pour la cessation des hostilités, les groupes armés persistent et signent dans les exactions : tueries, incendies à grande échelle…Sont-ils réellement des êtres humains qui s’affrontent en RCA ? Depuis la date du 10 décembre 2012 à ce jour, n’est-ce pas un peu trop avec les massacres et la destruction systématique du pays ? Des Centrafricains peuvent-ils se transformer en goulot d’étranglement de leur propre pays ? Autant d’interrogations qui dépassent l’entendement humain. Pour le besoin de la cause, l’ex-coalition Séléka qui regorgeait des Centrafricains avait recruté des mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens pour conquérir le régime de Bangui le 24 mars 2013. Immédiatement après la prise du pouvoir, ce sont ces mercenaires étrangers qui ont mis le pays à feu et à sang en pillant systématiquement les biens de l’Etat et des particuliers. Les ordinateurs portables, les véhicules de services, les climatiseurs, pour ne citer que ces quelques exemples, ont pris le chemin du Tchad, du Soudan, du Congo et du Cameroun. Les ex-combattants centrafricains sont réduits au néant. La pauvreté, la misère, bref la souffrance ordurière, voilà ce qui leur est réservé par les mercenaires étrangers. Mais cela ne les émeut nullement. Peut-on se permettre de suivre aveuglement des étrangers et détruire son propre pays ? A qui font-ils mal ? N’est-ce pas à leurs compatriotes et leur propre pays ? Il est certes vrai que « l’ignorance est pire que la mort ». La RCA n’est pas le seul pays au monde à vivre une telle crise. Autant de pays africains ont subi des crises militaro-politiques comme la RCA. Mais nous n’avions jamais entendu parler d’un tel degré d’atrocités et de pillages comme s’en est le cas en RCA. Même les Anti-Balaka, pourtant des fils de ce pays, se laissent manipuler par certains étrangers et leaders politiques pour détruire leur propre nation. Où allons-nous finalement avec cette culture anarchique, celle des tueries, des pillages et des incendies ? La justification de la rébellion de l’ex coalition Séléka par la marginalisation de la région du Nord est reconnue par tout le peuple centrafricain de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud. Cette revendication a été déjà prise en compte par les autorités du pays et la communauté internationale. Mais il faut d’abord la paix pour mettre un coup d’accélérateur sur les projets du développement, non seulement de la région du Nord, mais aussi de toutes les régions du pays touchées et affectées par les conflits. Cela doit se concrétiser par le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) de tous les groupes armés. Voilà que certains Séléka et Anti-Balaka, de véritables centrafricains se laissent entraîner par des criminels étrangers sans foi ni loi. Que gagnent-ils dans tous ces affrontements ? Et pourtant, ce sont eux qui paient le lourd tribut au moment des combats, alors que les mercenaires étrangers profitent de l’insécurité galopante pour piller et exploiter frauduleusement les ressources naturelles du pays. Les mercenaires ne vont jamais aux fronts. Au contraire, ils poussent les soldats à aller mourir comme des mouches dans les affrontements. Comment expliquer l’attitude des combattants Séléka et Anti-Balaka pourtant des Centrafricains ? On a souvent tendance de dire que dans une guerre, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu. Depuis que la Séléka et les

Anti-Balaka s’entretuent, qui est sortie finalement vainqueur ? Au contraire, ce sont les plus pauvres populations civiles, notamment les femmes, les enfants et les vieillards qui paient le pot cassé sur les sites des déplacés et dans les territoires étrangers. Ne peut-on pas au moins avoir pitié de ceux-là ? L’exemple du km5 est là pour nous édifier. Si les ex-combattants Balaka et Séléka sont des purs Centrafricains qui aiment réellement leur pays, ils doivent se désolidariser de ces mercenaires étrangers en menant désormais des actions pour ramener la paix, la sécurité, la cohésion sociale, le vivre ensemble et la réconciliation dans le pays. Il faut cesser d’être manipulé tout en détruisant le pays. La RCA reste et restera toujours un pays laïc, une et indivisible, comme l’a prônée feu Barthélémy Boganda. Tous, disons non à la guerre en République Centrafricaine. Bénistant MBALLA  Sources: Centrafrique Matin

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