LES MERCENAIRES TCHADIENS DEGUISES EN SELEKA FPRC SOUTENUS PAR LA MINUSCA S’AFFRONTENT A BRIA AVEC LE FPRC CENTRAFRICAIN

 Les affrontements quotidiens à Bria ne sont pas le fruit du hasard. Ils se justifient. L’ombre du Tchad d’Idriss Deby Intno plane toujours et encore sur la crise centrafricaine qui est loin de voir le bout du tunnel. Pour votre gouverne, le FPRC de Nourredine Adam, l’une des branches dissidentes de la coalition Séléka, très réticent et réfractaire au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), s’est de nouveau scindé en deux (2) groupes. L’un des deux est dirigé par Abdoulaye Issène et l’autre par Azor Kalith. D’après nos informations, le FPRC sous contrôle d’Abdoulaye Issène, proche de Nourredine Adam, est bourré des militaires tchadiens. Le second qui est piloté aujourd’hui par Azor Kalith renferme des Centrafricains de souche. Selon RJDH qui a joint un combattant depuis Bria, les Anti-Balaka se sont ralliés au groupe de Azor Kalith. C’est pour autant dire que les combats qui ont opposé ces deux groupes dissidents du FPRC à Yalinga où le général Hamat Issa a été tué et les récents affrontements dans  la ville de Bria seraient liés probablement à la division interne qui mine le FPRC. Et à la lumière de tout ce qui se passe dans cette partie du pays, un observateur de la scène politique centrafricaine serait tenté de dire que ce sont les militaires tchadiens qui se battent avec les Centrafricains. Et ce n’est un secret de polichinelle. L’Armée tchadienne est présente en RCA. Depuis la prise de pouvoir de François Bozizé-Yangouvonda le 15 mars 2003 jusqu’à ce jour, le Tchad est très impliqué dans les violences en Centrafrique. D’ailleurs, c’est ce Tchad de Deby qui a renversé le barbu national, feu président Ange-Félix Patassé, paix à son âme, pour installer Bozizé. Au lieu d’en rester là, le Tchad s’est encore dressé sur ses ergots pour éjecter Bozizé du pouvoir en soutenant les combattants de l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko. C’est encore et toujours le Tchad de Deby qui a mis un terme au règne de Djotodia à Ndjamena le 10 janvier 2014. Tous ces coups bas, ces virgules dans le dos du peuple centrafricain n’ont pas encore satisfait le Tchad et les ambitions hégémoniques d’Idriss Déby. Après le rapatriement de tous ses ressortissants et la soi-disant fermeture de ses frontières avec la République centrafricaine, les militaires tchadiens par le truchement de Nourredine Adam et Abdoulaye Issène, continuent de faire des incursions en Centrafrique. Des maisons et villages entiers sont incendiés par ces mercenaires tchadiens sans foi, ni conscience, ni âme. Des Centrafricains sont massacrés par ces hommes, leurs biens emportés. Ce n’est pas le rapport de l’ONU sur les exactions commises en RCA depuis 2003 à 2015 qui nous démentira.  Le Tchad, à travers ses mercenaires, pour ne pas dire ces militaires déguisés en combattants Séléka, écume à petit feu les régions dans la préfecture de la Haute-Kotto et d’autres régions du pays. Dans les affrontements du mardi 20 juin 2017, le groupe FPRC de Azor Kalith, allié aux Anti-Balaka dans la région, avait bel et bien repoussé les hommes d’Abdoulaye Issène et occupé la ville. Comme la crise centrafricaine est très complexe, les combattants du FPRC dirigé par Abdoulaye Issène ont reçu un renfort et ont pu mettre en déroute ceux d’Azor Kalith. Ne nous demandez pas de vous donner le nom de ceux qui ont aidé ces derniers. La Minusca a soutenu les mercenaires tchadiens qui ont occupé la ville de Bria et incendié plusieurs maisons. Vous n’êtes pas censés ignorer ce qui se passe en Centrafrique. C’est très grave et c’est très inquiétant. Nous devons faire attention à notre ombre. Notre espace vital se réduit considérablement de jour en jour, comme l’a souligné le président de l’Assemblée Nationale. C’est le Tchad et certaines puissances de ce monde qui sont à l’origine des souffrances du peuple centrafricain depuis plusieurs années. Tant que Deby, l’homme fort du Tchad, ne renonce pas à son projet machiavélique de partition de la RCA, le pays de feu Barthélemy Boganda sera toujours à feu et à sang. Profitant des frontières poreuses de la RCA, les militaires tchadiens et autres agissent en RCA comme bon leur semble. Ils massacrent les populations civiles centrafricaines comme on égorge les bœufs à l’abattoir. Tout le monde est Anti-Balaka ou Séléka. Aucune distinction n’est faite entre les civils et les combattants non conventionnels. Les non musulmans sont considérés tous comme des Anti-Balaka. Or, en réalité, il n’en est rien. Des musulmans centrafricains qui osent défendre leur pays, sont tués par les soldats tchadiens. La main invisible du Tchad dans la crise centrafricaine a débordé le vase. Le sang des Centrafricains tués par les militaires tchadiens a trop coulé sous le pont. Un sursaut patriotique de tout le peuple centrafricain s’avère indispensable pour bouter hors du territoire national ces criminels, ces malfrats, ces bandits de grand chemin. Au regard de tout ce qui se passe aujourd’hui dans le pays, précisément à l’Est, au Sud-est et au Centre de la RCA et sans se voiler la face, le Tchad est complice des exactions commises par certains groupes dissidents de l’ex-Séléka où regorgent des militaires tchadiens, tels le FPRC de Nourredine Adam, le MPC de Mahamat Alkhatim, l’UPC de Ali Daras, pour ne citer que ceux-là. Les Centrafricains doivent être vigilants, sinon le Tchad…

  Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA    Sources: Centrafrique Matin

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