ACCORD DE SANT ‘EGIDIO : ET APRES, QUE FAIRE EN CAS DE NON-RESPECT ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que moins de 24 heures après sa signature, l’accord obtenu péniblement à Rome a volé en éclats, avant même sa mise en œuvre, suite aux événements sanglants de Bria. Cette initiative qui, à justes raisons, a été diversement appréciée par les Centrafricains.
Mais l’enjeu n’est pas de savoir s’il faille discuter et signer avec les groupes rebelles. Le président Touadera a toujours considéré que dans l’état actuel des FACA, dialoguer avec ces groupes rebelles était
l’une des voies pour aller vers la Paix. La vraie question, c’est comment s’assurer de l’application de ces accords (de Rome ou de Bangui), quand on connait le problème récurrent de bonne foi et de la parole
donnée de ces chefs de groupes armés ? L’accord obtenu par la Communauté Sant’Egidio est un accord politique pour la Paix signé par 2 représentants du Président de la République, 24 représentants de groupes politico-militaires provenant de toutes les régions et le Fondateur de la Communauté Sant’Egidio.
En présence du représentant du secrétaire général des Nation-Unies, du Vice-ministre italien des Affaires Etrangères, du Vice-président de l’Assemblée Nationale, du Secrétaire Général du KNK, des Présidents de
l’URCA, du MLPC, du RPR, ainsi que des représentants du Cardinal Nzapalainga et de la Coordination des Organisations Musulmanes de Centrafrique, les signataires se sont engagés, notamment :
1) Sur le plan politique :  – à la mise en place immédiate, de la part des groupes politico-militaires, d’un cessez-le-feu sur toute l’étendue du territoire national, sous le contrôle de la communauté internationale, comme étape fondamentale sur le chemin de la paix définitive, par la cessation de tout type d’hostilité. 2) Sur le plan sécuritaire : – à la réouverture du territoire national à la libre circulation des personnes et des biens avec la levée
des barrières illégales comme conséquence immédiate du cessez-le-feu; à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, par le biais du retour des autorités administratives et la mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité.
3)  Sur le plan économique, humanitaire et social :
- à la libre circulation des ONG nationales et internationales et à la protection des humanitaires; au retour de tous les réfugiés et personnes déplacées et à l’identification de toute la population afin de le faciliter.
Il n’est fait mention, nulle part dans cet accord, de ce qui se passerait en cas d’échec du dit accord.
Dès lors, quelles sont les responsabilités des acteurs et les conséquences d’un non-respect ?
La MINUSCA ne devrait-elle pas, enfin, user de la force et des moyens militaires dont elle dispose pour faire respecter cet accord ?
Concernant la commission « Vérité, Justice, et Réconciliation » prévue dans cet accord, rappelons ici qu’au mois de novembre dernier, le Président TOUADERA lui-même déclarait que « la Réconciliation ne pourra pas se faire au prix de l’impunité ».
La vraie réconciliation, celle du cœur, ne viendra qu’après que la justice soit passée !
(Chibazo Okoye, le 22/06/2017, Montpellier)

Vous pouvez laisser une réponse, ou un rétrolien depuis votre propre site.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour déposer un commentaire.

Ce site est réaliser sous WordPress par JAEL